Les grains pédagogiques de l’UE 1

PIC   Les grains pédagogiques (EN CONSTRUCTION) :

PIC   Il y est multiplié et signalé, à côté des définitions et théorèmes, des :


UE 11-1 : Identifier une variété lisse régulière selon le mode de description

Il existe 4 modes de reconnaissance d’une variété différentiable :

Définition 1 Une m  -variété différentiable est un espace topologique séparé, localement compact, à base de voisinages dénombrable et muni d’une famille 𝒜   = {(U ,x )     }
  ℳ      α  α α∈Ω⊂ℕ , U
 α  étant un ouvert connexe de ℳ et x  = (x1 ,...,xm)
 α     α    α  un homéomorphisme de U
 α  dans un ouvert x (U )
 α  α  de ℝm  , telle que :

i/ les ouverts U
 α  recouvrent ℳ ,

ii/ on ait y∘ x-1 ∈ 𝒞∞(x(U ∩ V ),y(U ∩ V))  , pour tous (U,x), (V,y) ∈ 𝒜 ℳ tels que U∩V⁄=∅ .

ℳ ∕U                             ℳ ∕U∩V
x ↓      , avec            x ↙            y ↘
ℝm               x(U ∩ V)          -→           y(U ∩ V)
 ∕x(U)                          y∘x-1∈ 𝒞∞

Théorème 1 (Sous-variétés ouvertes de 𝒩 ) Soit 𝒱 un ouvert de 𝒩 . L’ensemble 𝒜𝒱={(U∩ 𝒱,x) : (U,x) ∈ 𝒜𝒩 } est un atlas sur 𝒱 et (𝒱, 𝒜𝒱)  est une sous-variété ouverte de 𝒩 qui a même dimension que 𝒩 .

Théorème 2 (Sous-variété régulière immergée dans 𝒩 ) Un espace topologique ℳ qui I -s’injecte dans 𝒩 est une m  -sous-variété régulière immergée dans 𝒩 ssi pour tout p∈ℳ , ∃U ⊂ ℳ un voisinage de p  , ∃W  ⊂ 𝒩 un voisinage de I(p)  , ∃V ⊂ ℝm  un ouvert et ∃φ:V→  i(U )∩W  surjective, tels que pour tout système de coordonnées locales y  sur W  , on ait yi∘φ = φi ∈ 𝒞∞(V,y(I(U)∩ W ))  , ∀i = 1,...,n  , et rang[∂ujφi(.)]n×m  = m  partout sur V .

 I
ℳ∕U-→     𝒩 ∕I(U)∩W
↓φm ↗     n ↓ y
ℝ∕V-y→∘φ   ℝ ∕y(I(U)∩W )

Théorème 3 (Sous-variété régulière de niveau zéro de 𝒩 ) Soient k < n  deux entiers naturels. Un espace topologique ℳ dont l’image par une injection différentiable est définie par : I(ℳ)={I(p) ∈ 𝒩 : f1(y(I(p))) = ...= fk(y(I(p))) = 0},  où f1,...,fk ∈ 𝒞∞(ℝn,ℝ)  , est une (n-k) -sous-variété régulière plongée dans 𝒩 ssi on a : rang[∂ujfi]k×n = k  partout sur y∘I(ℳ)  .

ℳ-I→   𝒩 ∕I(ℳ)
↓φf ↗    ↓ y
ℝn-k- →     ℝn
y∘φf

Théorème 4 (Variété produit) La variété produit de (ℳ,  𝒜ℳ)  et de (𝒩 , 𝒜 𝒩)  est définie par (ℳ×𝒩, 𝒜 ℳ×𝒩  = {(U × V, x× y) : (U,x) ∈ 𝒜 ℳ, (V,y) ∈ 𝒜𝒩 , (x × y)(p,q) = (x1(p),...,xm(p);y1(q),...,yn(q))})  . De plus dim(ℳ  × 𝒩) = dim ℳ  + dim 𝒩 .


UE 11-2 : Définir un morphisme de variétés différentiables

Ils sont de 2 sortes :

Définition 2 Une fonction f : ℳ  → ℝ  est différentiable en p ∈ ℳ ssi ∀(U, x) ∈ 𝒜ℳ en p , f∘ x-1 ∈ 𝒞∞(x(U ),f (U ))  (ie toutes les dérivées partielles mixtes ∂i1i1+...+iirr-(f ∘x-1)
∂u1...∂ur  existent). Il suffit que     -1
f ∘x   soit  ∞
C sur une carte pour le demeurer sur toute autre carte. La fonction f  est dite différentiable sur ℳ si elle l’est en tout point de ℳ . Leur ensemble (ℱ(ℳ),+,⋅,×)  est une ℝ  -algèbre.

Définition 3 Une application φ  : ℳ →  𝒩 est un morphisme ssi ∀(U, x) ∈ 𝒜ℳ en p ∈ ℳ et ∀(V,y)∈ 𝒜 𝒩 en φ(p)  telles que V ⊂ φ(U)  , on a y ∘φ ∘x-1 ∈ 𝒞 ∞(x(U),y(V))  . Il suffit que y∘φ∘x- 1   soit C∞ sur un couple de cartes pour le demeurer sur tout autre couple.

ℳ       -φ→          𝒩
∕Ux↓                    ↓∕Vy
ℝm       -→          ℝn
∕x(U)y∘φ∘x-1∈𝒞∞(x(U),y(V))   ∕y(V)


UE 11-3 : Différentier les vecteurs tangents et les champs de vecteurs tangents à ℳ

Ce sont les meilleures approximations linéaires locales d’une variété.

Définition 4 Un vecteur tangent à ℳ en p ∈ ℳ est toute application vp : ℱ( ℳ) → ℝ  telle que :

i/ vp[λf + μg] = λvp[f]+ μvp[g]  ,

ii/ vp[fg] = f(p)vp[g]+ g(p)vp[f]  .

L’ensemble (ℳp, +,.)  de tous les vecteurs tangents à ℳ en p ∈ ℳ un ℝ  -espace vectoriel.

Théorème 5 (Vecteurs tangents holonomes) Sur (U,x)  une carte locale en p ∈ ℳ , les vecteurs tangents holonomes sont définis par : ∂xi∕p : ℱ( ℳ) → ℝ, f ↦→ ∂xi∕p[f ] = ∂ui(f ∘x-1)(x(p)).  pour i = 1,...,dimℳ . Ils forment une base de ℳp  .

Définition 5 Une dérivation sur une 𝕂  -algèbre 𝒜 est une application D : 𝒜 → 𝒜 telle que :

i/ D(λa+ μb) = λD(a) + μD(b)  ,

ii/ D(ab) = aD(b) + bD(a)  .

L’ensemble (𝒟(𝒜),+,⋅,[,])  de toutes les dérivations sur 𝒜 est un 𝒜 -module et une 𝕂  -algèbre de Lie pour le crochet [,] : 𝒟(𝒜)2 → 𝒟(𝒜)  défini par [D1,D2] = D1 ∘ D2 - D2 ∘ D1   .

Définition 6 Un champ de vecteurs tangents sur est toute application différentiable V : ℳ →  ∪  ℳp, p ↦→ V∕p ∈ ℳp
        p∈ℳ  . En posant V [f](p) = V∕p[f]  , leur ensemble (x( ℳ), +,⋅,[,]) = CL{ ∂xi, i = 1,...,m} est un ℱ(ℳ) -module et une ℝ  -algèbre de Lie. La règle de la composée pour les champs de vecteurs s’écrit :       1     k           1     k    j
V [F (g,...,g )] = (∂~ujF)(g ,...,g )V[g ]  , pour toutes  1     k
g ,...,g  ∈ ℱ( ℳ)  et k
F∈ℱ(ℝ)  .


UE 11-4 : Reproduire les actions sur une variété dans l’espace de représentation par le biais des applications induites

Elles rendent identiques les actions intrinsèque et extrinsèque (justifiant ainsi l’identification d’une variété avec sa représentation). Les applications induites sont au nombre de 4.

Définition 7 L’application tangente, φ*p  ,en p ∈ ℳ d’une application différentiable φ : ℳ  → 𝒩 est φ *p : ℳp  → 𝒩 φ(p)   telle que φ*p(vp)[f] = vp[f ∘ φ]  . Elle induit sur les champs de vecteurs l’application φ* : x(M ) → x(N ) ∕ φ*(V)[f]∘φ = V[f ∘ φ]  . Elle est linéaire et sa matrice est la matrice jacobienne de φ  en p  et s’écrit dans les bases holonomes (U, x)  en p  et (V, y)  en φ(p)   : 𝒥 (φ,p) = [φ *p(∂xj∕p)[yi]]n×m = [∂xj∕p[φi]]n×m  . L’application φ  est une immersion (resp. submersion) ssi son application tangente est injective (resp. surjective). Un plongement est une immersion injective.

Définition 8 Une 1-forme sur ℳ est une application ℱ(ℳ)  -linéaire sur les champs de vecteurs, (i.e.) w : x(ℳ) → ℱ(ℳ)  ∕ w(fX + gY ) = fw(X) + gw(Y )  . La différentielle d’une f∈ℱ(ℳ)  est la 1-forme df  définie par df(X) = X[f]  . Leur ensemble  *
x (ℳ)  est le ℱ(ℳ) -module dual de x(ℳ)  et est engendré par les différentielles des ies fonctions coordonnées locales, *            i
x(ℳ) = CL{dx  , i = 1,...,m} .

Définition 9 L’application pull-back par une application différentiable φ : ℳ → 𝒩 est φ*:x*(𝒩) → x *(ℳ)  telle que (φ*w)(X) = w(φ*X) ∘φ  . Elle induit sur les 1-formes en p  ou en φ(p)  l’égalité φ*(wφ(p))(Xp) = w φ(p)(φ*pXp)  .

Définition 10 Un (r,s)  -tenseur sur ℳ est une application (r+ s)  -ℱ( ℳ)  -linéaire sur l’ensemble produit x*(ℳ)r × x(ℳ)s  , à valeurs dans ℱ( ℳ)  . Leur ensemble est noté 𝒯sr (ℳ)  et 𝒯(ℳ)= ( ⋃ 𝒯rs(ℳ), +, .,⊗)
   s,r  est une ℝ  -algèbre, avec (t1 ⊗t2)(A, B) := t1(A)t2(B)  . On a


UE 11-5 : Induire une mesure des longueurs et des angles sur une variété à partir du système de coordonnées locales choisi

Définition 11 Une métrique riemannienne sur une variété différentiable ℳ est un (0,2)-tenseur symétrique et défini positif, (ie)

g ∈ 𝒯02(ℳ) tel que i/ g({X,Y ) = g(Y,X)
                        g(X, X) ≥ 0
                  ii/    g(X, X) = 0 ⇐⇒  X  = 0x(ℳ)

Théorème 6 (Détermination) Un champ de vecteurs X ∈ x(ℳ)  est complètement déterminé par la connaissance de tous les produits scalaires g(X,Y )  , pour tous les Y ∈ x(ℳ)  .

Définition 12 (Dual dune 1-forme) Le champ de vecteurs dual d’une 1-forme ω  est *
ω∈x(ℳ)  tel que    *
g(ω ,X) = w(X), ∀X  ∈ x( ℳ)  . Le champ de vecteurs dual de la 1-forme différentielle d’une fonction f ∈ ℱ( ℳ)  est le gradient de f  donné par g(gradf,X) = df(X) = X[f ]  . Les bases (eμ ∈ x( ℳ))μ=1,...,m  et   μ    *
(θ ∈ x  (ℳ)) μ=1,...,m  sont dites duales ssi  μ       μ
θ (eν) = δν  , tout comme   i       i          i
dx(∂xj) = δj = g(grad(x),∂xj)  , d’après le théorème de décomposition fondamentale. Attention !  μ*
θ   ⁄= eμ  , en général.

Définition 13 (Métrique et éléments de calcul tensoriel) Un repère mobile sur ℳ est toute base (eμ)μ=1,...,m  quelconque de x(ℳ)  . Les composantes de la métrique sont les fonctions gμν=g(eμ,eν)  . Elles déterminent complètement la métrique g = gμνθμθν  , avec

On a alors g(X, Y) = gμνX μY ν  pour tous X,Y ∈ x(ℳ)  . La métrique étant symétrique et définie positive, sa matrice [gμν]m×m  possède un inverse [gμν]m×m  . Si ω = ωμθμ ∈ x*(ℳ)  , alors ω*=gλμωμeλ := ωλeλ  . La métrique permet donc de monter et descendre les indices.

Définition 14 (Métrique induite) La métrique  ℳ
g induite sur (ℳ, x)  une sous-variété ϕ -plongée dans une variété riemannienne        𝒩
(𝒩 ,y,g )  est définie par  ℳ     * 𝒩
g   = ϕ g et sa composante  ℳ
gαβ  est le produit scalaire des vecteurs colonne α  et colonne β  de la jacobienne -1
𝒥(x∘ϕ∘y)  .


UE 11-6 : Déterminer la variation d’un tenseur dans la direction d’un champ de vecteurs tangents

Définition 15 Une connexion sur une variété différentiable ℳ est une application D:x(ℳ)× 𝒯sr (ℳ) → 𝒯rs (ℳ),  (X, t) ↦→ DXt  telle que, pour tout (r,s) ∈ ℕ2    :

i/ DfX+gYt = fDXt + gDY t

ii/ DX(t1 +t2) = DXt1 + DXt2

iii/ DX(ft) = X[f ]t+ fDXt

Théorème 7 (Existence) La connexion ∇ sur (ℳ, g)  définie par l’égalité 2g(DY,Z) = X[g(Y,Z)]+ Y[g(Z, X)]- Z[g(X,Y )]- g(X,[Y,Z])+ g(Y,[Z, X])+ g(Z,[X, Y])
X  , est la seule connexion de Levi-Civita sur (ℳ, g)  . La connexion de Levi-Civita sur (ℝn,〈,〉)  est : ℝn∇Y:=X[Y  [ui]]∂ i
X         u  .

Définition 16 (Cœfficients de connexion) Les cœfficients de la connexion D  sur (ℳ, g)  et dans le repère mobile (eμ)μ=1,...,m  sont les fonctions    α
Γ μν ∈ ℱ( ℳ)  définies par    α
Deμeν=Γμν eα  . Si  μ
(θ )μ=1,...,m  est la base des 1-formes duale de (eμ)μ=1,...,m  , alors ν    να
Deμθ=-Γ μα θ  .

Les composantes de la dérivée covariante d’un tenseur      s
t ∈ 𝒯r (ℳ)  s’écrivent

          β ...β
(Deμt)α1...αs 1  r  =  eμ[∑tα1...αsβ1...βr]
                    - ∑ si-=12 Γ μαiλtα1...αi-1λαi+1...αsβ1...βr
                    +   rj-=12Γ μλβjtα1...αsβ1...βj-1λβj+1...βr.

Définition 17 (Eléments de décomposition) Les symboles de Christoffel de la connexion D sont les fonctions { λ }   1 λσ
  μν  = 2g  (eμ[gνσ]+ eν[gμσ]- eσ[gμν])  , le tenseur de torsion est défini par T(X,Y,Z) = g(DXY  - DY X - [X, Y],Z)  , le tenseur non-métricité est donné par N(X,Y, Z) = (DXg)(Y, Z)  et les constantes de structure cμνλ  sont définies par [eμ,eν]=cμνλeλ  .

Théorème 8 (Décomposition) Pour toute connexion D  sur (ℳ, g)  , nous avons        {  }
Γ  λ =   λ  - K   λ - V λ - C λ
  μν     μν      μν    μν     μν  , avec K   λ = 1(- T  λ - Tλ  + T λ )
  μν    2   μν     μν    ν μ  , λ1    λ            λ
Vμν=2(- N μν - N λμν + Nν μ)  et    λ   1
Cμν  = 2(- cμνλ - cλμν + cνλμ)  .

Les cœfficients de la connexion de Levi-Civita ∇ sur (ℳ, g)  dans la base liée au système de coordonnées locales se réduisent aux symboles de Christoffel de ∇  :       {  }
Γ ijk = kij . Soient glq  les composantes de la métrique induite sur ℳ par les coordonnées locales (xl)
   l=1,...,m  . Alors pour i,j  et k  fixés, le symbole de Christoffel { k }
 ij est le cœfficient du terme en   ij
x˙x˙  dans la  k
x  -équation unitaire d’Euler-Lagrange,  ⌢.
∂˙xaL - ∂xaL = 0  , déduite du lagrangien lq
L=glq˙x˙x  .

 : Parallélogramme et transport parallèle


UE 12-1 : Identifier des reparamétrisations d’une même courbe différentiable

Définition 18 Une courbe 𝒞 est une variété différentiable de dimension 1. Sa représentation ℑ(α) est la trace de 𝒞 sur ℳ . Si h  est strictement monotone, alors β = α ∘h  est une reparamétrisation de 𝒞 . Les coordonnées locales t  ou s  sont des paramètres de repérage de 𝒞 . Les paramétrisations

(
{  γ : t ↦→ (cost,sint,t)          , t ∈ [0,π]
(  λ : t ↦→ (cos(-2t),sin(2-2t),2π - t) , t ∈ [π,2√π]
   ρ : t ↦→ (cost,sin t,t )       , t ∈ [0, π]

sont des reparamétrisations de la même courbe, car λ = γ ∘ h  et γ = ρ ∘l  , avec h(t) = 2π- t  et √-
l(t)=t  . Par contre les paramétrisations

{  f : t ↦→ (cost,sint) , t ∈ [0,2π]
   g : t ↦→ (cost,sin t) , t ∈ ℝ

bien qu’ayant même trace S1   dans ℝ2   , ne sont pas des paramétrisations d’une même courbe, puisque f-1{(1,0)}=  {0,2π} et g- 1{(1,0)}= 2πℤ  .

                   φ
𝒞→α       ℳ         →         𝒩
↓↗       ↓ x                 ↓ y
ℝ∕t       ℝm        →i       ℝm+1
         .                   .
↑h        ..                   ..
ℝ∕s reprˊesentation 1re    reprˊesentation 2e


UE 12-2 : Calcul différentiel le long d’une courbe différentiable

Définition 19 Un champ de vecteurs le long d’une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ est toute application Y : I → Tℳ = ∪t∈Iℳ α(t)   différentiable telle que Y(t) ∈ ℳ α(t)   , pour tout t∈I . Le champ des vecteurs vitesses d’une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ , est le champ de vecteurs le long de 𝒞 défini par α ′(t) = α*t(∂u∕t)  , où ∂u  est le champ de vecteurs lié au système de coordonnées cartésiennes sur ℝ  . Pour β = α ∘h  une reparamétrisation de la courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ , on a : β′ = ˙h(α′ ∘h)  .

Définition 20 (Courbe intégrale dun champ) Une courbe intégrale d’un champ X∈x(ℳ)  est une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ telle que α ′(t) = Xα(t)   , pour tout t∈I . Les courbes xi   -paramétrée γ : t ↦→ x-1(x1,...,xi-1,t,xi+1,...,xm )
           0     0     0       0  , où les xj
 0   sont des constantes, sont des courbes intégrales du champ ∂ i
 x  .

Lemme 1 Soient 𝒞 une courbe paramétrisée par α : I → ℳ et deux champs Y,Z ∈ x(ℳ)  tels que Yα(t) = Zα(t)   , pour tout t ∈ I  . Soit X ∈ x(ℳ)  tel que          ′
X ∕α(t) = α (t)  , pour tout t∈I . Alors (∇XY  )∕α(t) = (∇XZ) ∕α(t)   .

Définition 21 Soient une courbe 𝒞 paramétrisée par une injection α : I → ℳ et régulière (i.e.) ∥α′(t)∥⁄=0, ∀t ∈ I  ), et Y  un champ de vecteurs le long de 𝒞 . Notons Y~∈ x(ℳ)  un champ tel que Y(t) = ~Y∕α(t)   , pour tout t ∈ I  . Alors la dérivée covariante de Y  le long de la courbe 𝒞 est définie par Y ′(t) = (∇~α′~Y )∕α(t)   et vérifie :

i/ (Y+Z) ′ = Y ′ +Z ′

ii/ (fY)′ = f˙Y + fY ′

iii/ (Y∘h)′ = h˙(Y ′ ∘h)  , avec h  strictement croissante.

L’accélération d’une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ est le champ de vecteurs le long de 𝒞 défini par

                       [       {  }              ]
t ↦→ α′′(t) = (∇ α^′)    =  ¨αk(t)+   k  (α(t)) ˙αi(t)˙αj(t) ∂k   .
             ^α′  ∕α(t)           ij                  x∕α(t)

Pour toute reparamétrisation β = α ∘h  de 𝒞 , on a  ′′   2  ′′        ′
β = ˙h (α  ∘h)+ ¨h(α ∘ h)  .


UE 12-3 : Déterminer les plus courts chemins reliant 2 points d’une variété différentiable par la méthode de Clairaut

Définition 22 Soit 𝒞 une courbe différentiable paramétrisée par α : [a,b] → ℳ . Alors la longueur de 𝒞 est définie par        ∫b  ′
ℓα(𝒞) =  a ∥α (t)∥dt  et est invariante par reparamétrisation. La longueur d’arc d’origine a ∈ I  est le paramètre s  défini par          ∫t
s = ℓ(t) = a ∥α′(v)∥ dv  . Le paramètre longueur d’arc est unique au sens de parcours de la courbe près. Toute courbe régulière possède une reparamétrisation par la longueur d’arc. Réciproquement toute courbe reparamétrisable par la longueur d’arc est régulière. En outre, toute courbe paramétrée par la longueur d’arc est de vitesse unitaire en tous ses points.

Définition 23 Une géodésique est une courbe régulière de longueur minimale parmi toutes les courbes différentiables joignant deux quelconques de ses points. Les géodésiques sont donc les courbes régulières extrémales de la fonctionnelle de longueur         ∫
ℒ1 : α ↦→ Dα ∥α′(t)∥ dt  . Les extrémales de ℒ1 paramétrées par la longueur d’arc, sont aussi les extrémales de la fonctionnelle d’énergie ∫
ℒ2:α↦→Dα 12∥α′(t)∥2dt  .

Théorème 9 Une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ est une géodésique ss’il existe f∈ℱ(I)  , telle que α ′′ = fα′ , avec f = 0  lorsque 𝒞 est paramétrée par la longueur d’arc. Ce sont les équations géodésiques. La théorie des équations différentielles ordinaires implique donc qu’une géodésique paramétrisée par α  autour de t0   est déterminée de façon unique par la donnée des conditions initiales α(t0)  et α′(t0)  .

Les équations géodésiques sont en général difficiles à résoudre explicitement. Il existe pourtant deux cas importants où leur résolution se réduit à celle d’une équation différentielle du premier degré à variables séparées.

Définition 24 (Coordonnées de Clairaut) Soit une variété riemannienne (ℳ,  g,∇)  avec     2                       2
g=E(u,v)du + 2F(u,v)dudv+ G(u,v)dv   . Alors, avec la notation Ev := ∂v[E]  , on a

i/ x=(u,v)  est un u  -système de Clairaut ssi Ev = Gv = F = 0  .

ii/ x=(u,v)  est un v  -système de Clairaut ssi Eu = Gu = F = 0  .

Théorème 10 Soit x = (u,v)  un v  -système de Clairaut sur (ℳ, g = E(v)du2 + G(v)dv2,∇)  et 𝒞 une courbe paramétrisée par α : I → ℳ . Posons ξ= u ∘α  et ζ = v∘α  , on a :

i/ Les équations géodésiques sur ℳ s’écrivent

{          ′
  Σ ξ : ¨ξ + EE((ζζ)) ˙ξ˙ζ = 0
  Σ ζ : ¨ζ - E′(ζ)˙ξ2 + G-′(ζ)ζ˙2 = 0.
          2G(ζ)    2G(ζ)

ii/ Toute courbe 𝒞 , v  -paramétrisée sur ℳ , est une géodésique.

iii/ Une courbe 𝒞 , u  -paramétrisée sur ℳ , est une géodésique ssi E ′(ζ) = 0  .

iv/ Toute géodésique 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ vérifie la relation de Clairaut :

  ----
∘ E(ζ)∥α′∥cos(α^′,∂u)∘α = E(ζ)˙ξ = cste.

v/ Une courbe 𝒞 est une géodésique sur ℳ paramétrée par la longueur d’arc, ss’il existe une constante c  telle que

                ∘ ---------
 ˙  --c-    ˙     E(-ζ)--c2
ξ = E(ζ) etζ = ±  E( ζ)G( ζ).

vi/ Une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ, t ↦→ x-1(ξ(t),ζ(ξ(t)))  est une géodésique, ss’il existe une constante c  telle que

        ∘ --------------
dζ     1  E(ζ)[E( ζ)- c2]
dξ = ± c  ----G(-ζ)----,

qui est une équation différentielle du premier ordre à variables séparées.


UE 12-4 : Savoir calculer et interpréter la courbure géodésique et la torsion d’une courbe régulière

Définition 25 Soit 𝒞 une courbe paramétrisée par β : J → ℳ de vitesse unitaire. On définit la suite maximale alternée de champs de vecteurs unitaires et de fonctions positives le long de la courbe 𝒞 , (e1= β′,k1,e2,k2,...,eρ-1,kρ-1,eρ)  , où ρ ≤ m  et ei(s)  n’existant que si ki-1(s) ⁄= 0  pour tout i ≥ 2  , par les formules de Frenet :

        ⌊                                           ⌋
            0    k1  0   0
        ||  - k1  0   k2  0                          ||
⌊  ′ ⌋  ||   0   - k2 0   k3                         || ⌊    ⌋
| e.1 |  ||                    ...                     || | e.1 |
⌈ ..  ⌉ = ||                   .                      || ⌈ ..  ⌉
  e′ρ    ||                    ..                     ||   eρ
        ||                          0     kρ-2    0  ||
        ⌈                        - kρ-2   0    kρ-1 ⌉
                                   0    - kρ-1    0

Théorème 11 Si (e1,...,eρ)  est le repère de Frenet de 𝒞 , alors 𝒞 peut être plongée dans une sous-variété géodésiquement plate le long de 𝒞 et de dimension ρ  de ℳ .

Théorème 12 Soit 𝒞 une courbe régulière paramétrisée par α : I → ℳ , avec ℳ une variété orientée positivement. La courbure et la torsion de 𝒞 s’expriment :

i/ Si dim ℳ  = 2  , alors        ∣g(α′′,𝒥α′)∣
k1[α] = --∥α′∥3--.

ii/ Si dim ℳ = 3  , alors {
   k1[α] = ∥α∥′∧αα′∥′3′∥-
   k [α] = ∣g(α′∧α′′,α′′′)∣.
    2      ∥α′∧α′′∥2

Exemple 1 Soit Γ  une courbe régulière, non géodésique et paramétrisée dans ℝ2   par γ  . Peut-on réduire la codimension de la courbe 𝒞 paramétrisée dans ℝ3   par α : t ↦→ (γ(t),t)   ?

On a ∥α′(t)∥2 = ∥γ′(t)∥2 + 1  , ∀t  . La courbe 𝒞 est donc régulière. Puisque la courbe Γ  est régulière par hypothèse, on peut supposer, sans perte de généralité, que le paramètre t  est la longueur d’arc pour Γ  . Ainsi

      ∫ t           ∫ t
s(t) =   ∥α′(u)∥du =    ∘ ∥γ′(u)∥2 +-1du = t√2
       0             0

et une paramétrisation de 𝒞 par la longueur d’arc est donc          -s- -s-
β : s ↦→ (γ(√2),√2)  . Par suite, si (ε1,l1,ε2)  sont le repère et la courbure de Frenet de Γ  , alors (   )   (        )(    )
  εε′1′  =   -0l  l10    εε1
   2        1        2 et

|--------′-----1--′----s-----1-------s------------|
|e1(s) =-β-(s) =-√2(γ-,1)(√2-) =-√2(ε1,1)(√2)--------|
-e′1(s) =-12(ε′1,0)(√ s2-) =-l21(ε2,0)( s√2)----------------|
|k1(s) = l1(√s) ⁄= 0                                 |
|{--′---2-√21--′---√s----√1---------√s-------------|
|  e2(s) = 2(ε21,0)(l1-2)l1= -2s(- l1ε1,0)( 2)           |
|  (k1e1)(s) = √2 (2ε1,2)(√2)                      |
|⇒-(e′2 +-k1e1)(s) =-√12-(--l21ε1, l12)(√ s2-) =-2l1√2(- ε1,1)( s√2)
|k2(s) = √l1-√1-+-1 = l1( s√-) ⁄= 0.                  |
--------2-2---------2--2--------------------------

La courbe 𝒞 est donc tordue dans ℝ3  et sa codimension ne peut être réduite.


UE 12-5 : Savoir calculer et interpréter la courbure normale et la torsion géodésique d’une courbe régulière

Théorème 13 L’application A : x(ℳ)2 → ℱ(ℳ)  , (X,Y ) ↦→ ˉg(∇ˉϕ*Xν,ϕ*Y )∘ϕ  est une forme bilinéaire symétrique, appelée seconde forme fondamentale sur ℳ . La composante hμρ  de A est l’opposé du produit scalaire de la normale unitaire aux vecteurs colonnes de la jacobienne 𝒥(I) par le vecteur μ  e dérivée de la colonne ρ  de 𝒥 (I)  .

Théorème 14 (Relation de Gauss) La connexion de Levi-Civita ∇ induite sur ℳ par celle ˉ∇ sur 𝒩 est définie par : ˉ∇ϕ*Xϕ *Y = ϕ*(∇XY  )- A(X, Y)∘ ϕ-1 ⋅ν  .

Définition 26 Soit 𝒞 une courbe paramétrisée par β : J → ℳ de vitesse unitaire et notons (e1,k1,...,eρ-1,kρ-1,eρ)  le repère et les courbures de Frenet de la courbe 𝒞 . On définit alors (ϕ*~ei,ν)i=1,...,ρ  comme étant le repère de Darboux et les courbures de Darboux par A(^β′,~ei)∘β  , pour i = 1,...,ρ  . Les formules de Darboux s’écrivent donc

       ⌊    0     ~k   0   0  ⋅⋅⋅   0      0      0     -A(~β′,~e ) ⌋
⌊    ⌋ ||   -~k1    01  ~k2  0  ⋅⋅⋅   0      0      0     -A(^β′,~e12) ||
|ˉ∇ϕ*^β′ϕ*~e1 | |||    0    -~k2  0  ~k3  ⋅⋅⋅   0      0      0     -A(^β′,~e3) |||    ⌊ ϕ*~e1 ⌋
||...    ||=||    ...     ...   ...   ...  ...    ...     ...      ...        ...     ||∘ϕ-1||  ..  ||
||⌈ˉ∇ϕ*^β′~eρ  ||⌉ |||    0                ⋅⋅⋅   0     ~kρ-2     0    -A(^β′,~eρ-2)|||    |⌈ ϕ.*~eρ |⌉
ˉ∇ϕ*^β′ν    |||    0                ⋅⋅⋅  -~kρ-2    0     ~kρ-1   -A(^β′,~eρ-1)|||       ν
       ⌈   ^0′                ⋅⋅⋅   0    -~kρ-1   ^0′     -A(^β′,~eρ) ⌉
         A(β,~e1)             ⋅⋅⋅              A(β ,~eρ)     0

Définition 27 Une courbe régulière 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ est dite asymptotique ssi ˉ∇ϕ*^α′ϕ*^α′ ∈ x( ϕ(ℳ))  (ie, son accélération en représentation deuxième n’a pas de composante normale).

Théorème 15 Une courbe est asymptotique ssi sa courbure normale est nulle. On dit aussi qu’elle est asymptotiquement plate pour signifier que sa courbure géodésique est invariante par rapport aux représentations première et deuxième (confère l’égalité k[β]2 = k1[β]2 + knor[β]2 = k1[β]2   ). L’équation asymptotique s’écrit (hij ∘ α)˙αi˙αj = 0  .

Définition 28 Un système de coordonnées      i
x = (x )i=1,...,m  est dit asymptotique ssi les courbes i
x -paramétrées sont asymptotiques, pour tout i = 1,...,m  . La seconde forme fondamentale y vérifie : hii= 0, ∀i,i = 1,...,m  .

Définition 29 Une courbe 𝒞 paramétrisée par α : I → ℳ , est dite principale ssi ˉ∇ϕ*^α′ν∥ϕ*α^′ . Un système de coordonnées locales x = (x1,...,xm)  est principal ssi les courbes xi -paramétrées sont principales, pour tout i = 1,...,m  .

Théorème 16 Soit 𝒞 une courbe régulière paramétrisée par β : J → ℳ de vitesse uni